« Cher Henry 3… »

Nous voici maintenant sur le départ pour Pucallpa, dernière ville d’Amazonie reliée par la route, située plus au sud d’Iquitos l’isolée.

Nous nous rejoignons à 15h, pour un départ « prévu » à 17h, avec Horti & Théo au port Henry, prenons les billets pour une cabine que nous nous partagerons pour y mettre toutes les affaires, et des places en hamacs. 300 Soles la cabine à deux et 100 Soles/personnes. Nous nous dirigeons tous les 4 jusqu’au bateau, en passant par ce que l’on pourrait appeler en France une décharge, plus qu’un embarcadère…et montons à bord.

En arrivant on nous emmène jusqu’à la dernière cabine de libre. C’est décidé, nous ne dormirons définitivement pas là… il y a un lit sur deux (on a quand même emm**dé le personnel pour nous mettre un sommier et un matelas), on ne se sent pas hyper à l’aise, ça sent gentiment l’urine, … Ça ne sera que le vestiaire et la Sdb! On s’installera en hamac mais encore faut-il trouver une place, tant pis, nous ne serons pas tous ensemble, mais deux par deux…

Sur le bateau, il y a donc beaucoup de monde, vu le retard et l’approche des fêtes de fin d’année. On y trouve un peu de tout : familles nombreuses avec enfants de tous les âges, petits couples amoureux de 17 à 77 ans, deux allemands, deux norvégiens, deux musiciens argentins, des travailleurs, des cuisiniers transsexuels, des cochons, des poulets dont le nombre diminue les jours passants, des poissons dont l’odeur augmente le soleil tapant, un dindon-voisin arrivé lors d’une escale de nuit et moult moult autres choses… Tout ceci donne un fumé délicat et particulier aux lieux… Des fois, on se demande d’où proviennent certains mix d’odeurs, et là on voit la petit fille -qui est le terme employé pour le blog, mais pas celui utilisé en réalité…- qui, accroupie, à deux mètres de nos hamacs, fait son petit pipi et l’agrémente de sa grosse commission…. Un pur bonheur! « Un lieu qui mettra vos sens en éveil, surtout vos narines..! »

Nous ne savons pas exactement combien de temps nous allons mettre pour effectuer le trajet d’Iquitos à Pucallpa, car nous remontons le courant mais avons en notre faveur le début de la saison des pluies … Chaque journée ressemble plus à la veille : le réveil, à 5h30, quand tout le bateau se réveille pour aller chercher son petit déjeuner : farine de yuca, lichette de lait, clous de girofle et poil de cannelle accompagnée de trois morceaux de pains secs (nous ne nous souvenons pas avoir fait quelque chose de mal pourtant …). Pour être précis dans la description, cela ressemble au contenu d’un nez-plein pendant un rhume, autrement dit : « miam! ». Le repas avalé, plusieurs activités s’offrent à nous : replonger dans un demi-sommeil, lire, faire un rubix cube, se balader sur le bateau, observer le ballet des vendeurs ambulants lors des escales…. Puis, vient l’heure du bon repas du midi, sur les coups de 11h30… : Riz, bananes plantains et poulet microscopique, ou parfois, bananes, poulet et riz… Seule la sauce change un peu chaque jour. L’après midi, vers 12h15, on s’adonne à d’autres activités bien différentes : la sieste, les jeux de  cartes, le rubix cube et la lecture ou bien bronzage sur le pont….

Et l’observation de vendeurs ambulants … Ces derniers apparaissent lors des plus ou moins longues escales, et viennent avec tout un tas de choses à vendre : eau, sodas (dont les péruviens sont hypers friands), assiette en plastique avec dedans, poulet/poisson, riz et bananes, œufs de poissons, petits pains, gâteaux secs,  et parfois cakes délicieux, mangues, ananas, … Et plein d’autres merveilles gustatives et olfactives! À chaque escale, le péruvien est sur les starting-blocks, toujours prêt à se nourrir à n’importe quelle heure. C’est un spectacle distrayant. Le soir, à 17h30, le repas est servi et se compose, à un grain de riz près, de la même chose que le midi. Après manger, jeux de cartes ou de dés et au lit… Sur les coups de 21h…

Les escales sont péruviennement régulières, c’est à dire, au grès des voyageurs, un peu tout le temps, à n’importe quel endroit. Il nous arrive de nous arrêter au milieu de nulle part et de déposer seulement deux personnes… La nuit, sur le pont on peut voir des petites lampes torches faire des appels sur la rive, ce sont des villageois qui souhaitent embarquer marchandises et familles sur le bateau…

Lors de ces escales et juste après la venue des vendeurs, on observe un autre ballet, moins agréable à la vue : celui du lancé de déchets dans le fleuve. Bouteilles et assiettes en plastique, peaux de fruits, papiers diverses, en fait un peu tout… Le bateau est pourtant pourvu de quelques poubelles en petit nombre, certes, mais cela n’est pas dans l’habitude du péruvien. Que cela soit sur le fleuve ou sur la terre ferme, le résultat est le même… Plus de déchets au sol que de poubelles pleines… Constat dérangeant pour une culture qui considère la terre, comme la Terre-Mère (« Pachamama » en queschua, oui oui comme vos affaires Décathlon !).

Sur le bateau on aurait dû être 200 personnes mais on est au bas mot un peu plus de 350… Ça fait du monde, du bruits et des odeurs… Nous avons la chance d’avoir des toilettes et une douche dans notre cabine mais les 320 passagers eux … Par étage, on compte 6 wc/douches… Vous voyez où je veux en venir ? Exactement! Vous ne savez pas ce que sont des wc/douches? Et bien rien de plus que ce que c’est! Rester assis sur le pont au niveau des wc/douches permet d’observer une étrange chorégraphie de la part des passagers: ouvrir la porte, première inspection, un pied dedans, regard vers la cuvette, la poubelle, un pied dehors, changement de toilettes, … « Si un péruvien hésite, un français ne pourrait y entrer…  »

Pour parler un peu du paysage, quand même, c’est assez monotone, le fleuve est très large mais souvent nous naviguons près de la rive, ce qui permet de voir la flore changer, d’observer et d’entendre des papillons et oiseaux aux magnifiques couleurs. Un soir, admirant la vue et profitant du calme, nous avons pu apercevoir des dauphins roses d’Amazonie, magique ! Les couchers de soleil aux couleurs et nuages les plus fous nous auront laissé des souvenirs magnifiques…

Dimanche matin, 4h du matin, le bateau accoste au port de Pucallpa, nous attendons 6h pour faire nos affaires et sortir. Nous aurons donc mis 5 nuits et 4 jours pour parcourir les quelques 1300 kms…

Lundi matin, nous prendrons la route en stop tous les 4 et vous pourrez suivre nos nouvelles aventures!

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6 réflexions sur “« Cher Henry 3… »

  1. Voici une croisière qui change un peu de celle que j’ai faite avec ma petite fille il y a dix ans déjà !Félicitations pour l’humour dont vous faites preuve à cette occasion. Continuez à nous régaler de vos récits; Bravo à vous deux les « Petits « 

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    1. Merci papi! Bonne année à toi!!! C’est sur que cette « croisière » n’aura pas été exactement similaire à celle faite il y a 10 ans ! Je t’embrasse bien fort et à très bientôt

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  2. Bonne Année et bonne santé les aventuriers !!!!!!! Je vous souhaite pleins de belles choses !!!!! Surtout surtout un maxxx d’amour une santé de fer de l’argent à gogo et un bébé à l’horizon de cette belle épopée 💋

    Aimé par 1 personne

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